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12.05.2008

Repenser la gauche, sans l'extrême-gauche

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Né en 1984, je suis d’une génération qui n’a pas vécu mai 68 et qui n’a connu du communisme que l’héritage stalinien, le génocide cambodgien et la dictature coréenne. Dès lors, être de gauche n’est pas une évidence. De plus, alors que la droite est toujours différenciée de son extrême dans l’imaginaire collectif et le traitement médiatique, c’est rarement le cas pour la gauche et l’extrême-gauche. D’ailleurs, on trouve toujours les vestiges de la vulgate marxiste côtoyant les préceptes de la doctrine social-libérale dans la macédoine idéologique du PS.

Il y a pourtant deux écueils symétriques à fuir dans la rénovation du Parti Socialiste : la tentation centriste et la tentation gauchiste.

Tout d’abord, parce que l’ouverture appelée par les tenants de la social-démocratie perd tout son sens si c’est pour faire chambre commune avec les valoisiens et les giscardiens. Ensuite, parce que les leaders d’extrême-gauche affichent eux-mêmes leur volonté de ne pas gouverner, alors qu’un parti politique a pour objet la conquête et l’exercice du pouvoir. Certes, l’anarcho-syndicalisme est à l’origine de l’engagement socialiste mais il est temps que les Verts et le PC cessent de faire le pont et la planche entre les socialistes et les trotskistes. Car les forums participatifs de l'élection présidentielle de 2007 ont mis en évidence l’attente populaire : des solutions concrètes aux problèmes concrets. L’utilité intellectuelle des ouvrages de Lénine ou de Marx est évidente mais le PS n’a pas besoin de s’inventer une légitimité philosophique : il a une histoire.

Les socialistes doivent oublier leurs tabous idéologiques : si la gauche moderne est anti-libérale, elle n’est certainement pas néo-gauchiste. Lionel Jospin avait résumé simplement : “oui à l’économie de marché, non à la société de marché”. Comme quoi on peut s’adapter sans se renier : c’est en regardant le monde tel qu’il est qu’on peut agir pour le progrès social. Le PS doit cesser de fuir les sujets qui le gênent : un thème n’est ni de droite ni de gauche, c’est la façon de le traiter qui est politiquement colorée. L’immigration, la sécurité, l’identité nationale… Les Française(es) attendent des positionnements sur ces questions, pas des fuites en avant ! Même définir la gauche semble une gageure pour ses leaders. Ce n’est pourtant pas si compliqué : être de gauche, c’est vouloir que le temps de la vie consacré à assurer les besoins de la survie soit le plus court possible.

Commentaires

De toute façon, le PS souffre du manque de ne pas avoir de vrai leader charismatique qui surplombe tous les prétendants. Tant que la succesion du SG ne sera pas assurée et que les positions du PS se borneront à critiquer la politique du gouvernement, le débat tournera en rond. Le pays a besoin d'un débat d'idées, pas d'un combat de personnes. On se souviens d'ailleurs bien moins de l'héritage communiste de la gauche française que de l'association des idées d'extreme droite franco-allemande. Or, la gauche a besoin de l'extreme gauche pour avancer, de meme que la droite a besoin d'un soutien du centre droite. Ce qui semble surtout à éviter pour l'avenir, c'est de ne pas "peopleliser" cette désignation du premier secrétaire, de se recentrer enfin sur une position claire et affirmée.

Ecrit par : Nico | 13.05.2008