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30.05.2008
Un régime présidentiel pour un Parlement plus fort ?
C'est un secret de polichinelle : la Ve République est un régime présidentiel qui ne dit pas son nom. Sauf les rares cas de cohabitation, le Parlement est une chambre d’enregistrement des décisions du Gouvernement dans la droite ligne des instructions de l’Elysée. En témoignent les godillots de l’UMP qui peuplent actuellement le Palais-Bourbon dans le seul et unique but de dire amen aux volontés de leur Empereur.C’est assez paradoxal au premier abord, mais basculer dans un régime présidentiel à l’américaine donnerait une importance accrue au pouvoir législatif. En effet, malgré ses défauts, le régime présidentiel américain ne manque pas d’atouts, à commencer par la puissance du Parlement.
Certes, la stricte séparation des pouvoirs liée au régime présidentiel n’est généralement pas du goût des juristes de France : le Président ne peut pas dissoudre le Parlement et le Parlement ne peut renverser ni le Gouvernement ni le Président (sauf par une procédure d’impeachement).
Mais le Parlement est puissant précisément parce qu’il n’a pas de lien avec le pouvoir exécutif : faute de pouvoir s’appuyer sur l’administration gouvernementale (comme c’est le cas dans un régime parlementaire), le Parlement dispose de ses propres organes et outils d’études, d’évaluation, de contrôle, etc.
Dès lors, aucun des pouvoirs ne peut agir sans l’aval de l’autre, ce qui nécessite une culture du consensus qui ne ferait pas de mal à la France. Je l’admets : la politique ne peut être le fruit du plus petit dénominateur commun entre les acteurs institutionnels. Mais répéter des cycles où les uns défont ce que les autres ont fait avant eux n’est pas très productif non plus. En témoigne la situation économique et sociale de la France en ce début de XXIème siècle.
Bien sûr, pour adapter ce modèle à la France, il faudrait revoir complètement l’organisation du Parlement et les moyens qui lui sont alloués (que ce soit d’un point de vue juridique, financier, matériel ou humain) sans quoi on ne ferait que renforcer le pouvoir exécutif sans contrepartie. Mais puisque tout le monde appelle la fondation d’une nouvelle République, il n’est pas interdit de proposer.
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28.05.2008
Des médicaments... polluants !
Il y a quelques années, la question des traces de médicaments dans l’eau est venue rejoindre la préoccupation mondiale sur les risques environnementaux et sanitaires liés aux mélanges de polluants émergents dans notre environnement. Les premières grandes séries d’analyses ont été réalisées dans les rivières et les nappes d’eau souterraines qui alimentent Berlin en eau potable au début des années 2000 : les chercheurs ont mis en évidence des traces de pollutions humaines dans ces eaux et notamment des anti-inflammatoires, des antiépileptiques, des hypolipémiants...Dans la foulée, le United States Geological Survey a réalisé des analyses dans 139 rivières américaines dont 80% contenaient des résidus de médicaments en vente libre pour le public et 50% des traces d’antibiotiques et d’hormones oestrogènes. Ce n’est pas plus rose en France : en 2004, des chercheurs ont retrouvé des traces d’hormones dans la Seine, certes faibles mais suffisamment concentrées pour perturber le développement sexuel des poissons. Peu d’autres études sont disponibles mais des recherches sont en cours, notamment sur les rejets de stations d’épuration et leurs boues.
Le risque est direct pour les citoyens : en France, 40% des eaux potables sont produites à partir des eaux de surface, qui sont polluées par les rejets issus de nos activités. Et si les usines de production d’eau potable ont déjà été globalement améliorées en France pour produire une eau de très bonne qualité, des financements considérables vont être nécessaires pour rénover les filières d’assainissement si nous ne savons pas réduire ou faire cesser la pollution en amont.
Il est en tout cas urgent de mener des recherches afin d’évaluer très précisément les effets biologiques de tous ces mélanges de polluants (dont les résidus de médicaments) sur l’environnement et les organismes supérieurs.
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26.05.2008
Sebta sous la pluie
Les frontières sont poreuses et les passages permanents, avec des contrôles très réduits et un flux de voyageurs impressionnant. Dès lors, il est assez facile d'y faire passer tout et n'importe quoi. Ceci étant, je ne vous le conseille pas. Il serait dommage que la guardia civil décide de s'occuper de votre cas.

Le trajet entre la frontière et le centre-ville se fait en bus (ligne 7), c'est l'occasion de visiter un peu. Les premiers quartiers qu’on traverse sont visiblement habités par des Marocains : blocs de maisons peintes à la chaux, champs de paraboles sur les toits, lessive sur les terrasses... On se croirait encore à Tetouan.
Arrivé en ville après quelques minutes de trajet, je constate que mon castillan n'est pas trop rouillé mais que je suis loin de m'exprimer avec aisance. D'autant que le débit des Sebtaouis est pour le moins rapide. Mais leur café, lui, est divin.
Mauvaise journée pour une incursion en Espagne : il pleut et tout est fermé. Mais en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on découvre quelques trucs sympas et quelques curiosités, comme une statue de Gandhi. Au milieu des palmiers.

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24.05.2008
Chef Chaouen : beuh sur bleu

Il y a deux économies dans cette ville : le tourisme et le haschich. Donc on y trouve des magasins de souvenirs, des restaurants et des dealers. Les terrasses des bistrots sont clairsemées de bandes de jeunes en sarouels multicolores qui fument des pétards en buvant des thés. Certains touristes restent ici 6 à 8 semaines juste pour ça. Moi, je préfère profiter du paysage et des couleurs de la ville. Chacun sa drogue.

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22.05.2008
Pétrole : de l'histoire et des chiffres
1 baril de pétrole = 60 Dollars
1 Dollar = 1.2 Euros
Donc 1 baril = 60 X 1,2 = 72 Euros
On payait 1.00 Euro / litre

AN 2008
1 baril de pétrole = 100 Dollars
1 Dollar = 0.65 Euro
Donc 1 baril = 100 X 0,65 = 65 Euros
(Soit une baisse de 9,7 % par rapport à 2000)
On devrait donc payer le litre 1,00 - 9,7 % = 0,9 Euro
Or on paye 1.34 Euro / litre...
...soit + 49 % de plus !!
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20.05.2008
Oued Laou : carte postale du Maroc
C'est bien dommage, car on y trouve un café très accueillant, tenu par un taulier casablancais aux yeux bleus, au rire perpétuel et à la convivialité débordante. Je ne suis pas près d'oublier cet homme.

Village de pêcheurs, Oued Laou propose peu de distractions mais beaucoup de calme et de tranquilité. Et quelques tableaux incongrus, comme les poules et les coqs qui vivent sur la plage et picorent ce qu'ils trouvent sous la coque des bateaux.
Pour l'instant, il fait bon vivre ici. Mais les investisseurs étrangers veillent : ils sont en train de détruire le littoral pour y installer d'immenses complexes immobiliers avec des centaines d'appartements et des centres commerciaux. La colonisation n'est plus menée par les Etats mais par les entreprises, et au lieu de tuer des cultures, on assassine la nature.

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18.05.2008
Chaises musicales à Moscou
Un gouvernement stable
Le nouveau Premier ministre Vladimir Poutine a maintenu les principaux ministres sortants en place et appelé à ses côtés ses hommes clés du Kremlin. Ainsi, Alexeï Koudrine et Sergueï Ivanov conservent leur poste de vice-Premier ministre et le duo de choc composé de Sergueï Lavrov et Anatoli Serdioukov reste en l'état : ils demeurent respectivement ministres des Affaires étrangères, de la Défense et des Finances. Par ailleurs, Iouri Troutnev conserve le ministère des Ressources naturelles et Igor Levitine celui des Transports.
Du côté de changements de portefeuilles, Elvira Nabioullina passe du ministère du Développement économique et du Commerce au ministère de l'Economie (c'est dire si c'est la révolution) et Viktor Khristenko, jusqu'ici ministre de l'Industrie et de l'Energie, devient ministre de l'Industrie et du Commerce (le changement dans la continuité...).
Restent les nouveaux vice-premiers ministres, qui se transforment en garde prétorienne : Viktor Zoubkov, Premier ministre de septembre 2007 à mai 2008, et Igor Chouvalov, proche collaborateur de Vladimir Poutine au Kremlin, deviennent les deux premiers vice-Premiers ministres. Ils seront secondés par le chef de l'administration présidentielle sous Vladimir Poutine, Sergueï Sobianine (qui sera chargé de la direction de l'appareil gouvernemental) et Igor Setchine, le numéro deux de l'administration présidentielle sous Poutine.
Un staff de fidèles au Kremlin
Le nouveau président Dmitri Medvedev a constitué son équipe de proches conseillers en recrutant dans le staff de son prédécesseur puisque sont maintenus en postes : l'économiste Arkadi Dvorkovitch, le conseiller pour la politique étrangère Sergueï Prikhodko, le rédacteur de discours Jakhan Pollieva, la porte-parole Natalia Timokova et le directeur des services du Kremlin, Sergueï Narichkine. Au passage, on recycle l'ancien ministre des Télécommunications Léonide Reiman qui devient conseiller de Medvedev.
Parmi les nouveaux venus, on peut compter l'ancien directeur juridique de Gazprom, Constantin Tchuitchenko. Medvedev a également recrutés trois adjoints pour Narichkine, qui sont tous des affidés de Poutine : le stratège politique Vladislav Sourkov, l'attaché de presse Alexei Gromov et le commissaire politique Alexandre Beglov.
Au fait, saviez-vous que selon la Constitution russe, si le Président vient à mourir, c'est le Premier ministre qui le remplace ? Gageons que Medvedev a une bonne assurance-vie.
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16.05.2008
Transit au Qatar

Ici, tout est sous climatisation : l'aéroport, les bus, les mosquées, les restaurants, etc. C'est à se demander quelle part du PIB est dépensée juste pour que les habitants ne transpirent pas. Et pour cause : il fait 32° à 6h, 41° à 7h et 48° à midi... Une telle énergie dépensée pour maintenir une ambiance à 21° laisse rêveur sur le développement durable.
Autre particularité du pays : on trouve des BMW et des Mercedes décapotables dans la zone duty-free de l'aéroport. Mais aucune sur les routes ; le bon gros 4x4 blinde large comme un tank semble la norme. Du côté du paysage, je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau que le lever du soleil dans ce pays... Une sorte d'arc-en-ciel immense qui s'étire peu a peu, c'est vraiment magnifique.

Pour le reste, c'est soit le bidonville des travailleurs étrangers, soit la petite villa en bord de mer près des iles artificielles (c'est joli vu du ciel mais assez étrange dans le principe, puisqu'il n'y a rien dessus). Et pour les plus riches : la grosse baraque fortifiée au milieu du désert, version palais des mille et une nuits, mais qui ressemble à un camp fortifié de rangers américains.
Faute de temps (et d'argent ?), direction le Maroc !
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14.05.2008
Dans les ruines d'Angkor

Le lever de soleil sur Angkor Vat est majestueux. Mais très vite après, le site est envahi par des troupeaux de Coréens dont la vision du tourisme est des plus occidentales : ils arrivent directement à l'aéroport de Siem Reap, logent dans des hôtels flambants neufs et se déplacent dans des bus climatisés. Leurs deux principales activités sont de hurler et d'amortir le prix de leur panoplie Nikon, manifestement très onéreuse.

Hormis Angkor Vat, qui est le plus connu car le plus immense, le temple le plus impressionnant est Ta Phrom. Ce lieu à l'ambiance féérique est envahi par la jungle : les arbres poussent n'importe où et les racines de l'un d'entre eux recouvre intégralement le toit d'une entrée du temple !
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12.05.2008
Repenser la gauche, sans l'extrême-gauche

Né en 1984, je suis d’une génération qui n’a pas vécu mai 68 et qui n’a connu du communisme que l’héritage stalinien, le génocide cambodgien et la dictature coréenne. Dès lors, être de gauche n’est pas une évidence. De plus, alors que la droite est toujours différenciée de son extrême dans l’imaginaire collectif et le traitement médiatique, c’est rarement le cas pour la gauche et l’extrême-gauche. D’ailleurs, on trouve toujours les vestiges de la vulgate marxiste côtoyant les préceptes de la doctrine social-libérale dans la macédoine idéologique du PS.
Il y a pourtant deux écueils symétriques à fuir dans la rénovation du Parti Socialiste : la tentation centriste et la tentation gauchiste.
Tout d’abord, parce que l’ouverture appelée par les tenants de la social-démocratie perd tout son sens si c’est pour faire chambre commune avec les valoisiens et les giscardiens. Ensuite, parce que les leaders d’extrême-gauche affichent eux-mêmes leur volonté de ne pas gouverner, alors qu’un parti politique a pour objet la conquête et l’exercice du pouvoir. Certes, l’anarcho-syndicalisme est à l’origine de l’engagement socialiste mais il est temps que les Verts et le PC cessent de faire le pont et la planche entre les socialistes et les trotskistes. Car les forums participatifs de l'élection présidentielle de 2007 ont mis en évidence l’attente populaire : des solutions concrètes aux problèmes concrets. L’utilité intellectuelle des ouvrages de Lénine ou de Marx est évidente mais le PS n’a pas besoin de s’inventer une légitimité philosophique : il a une histoire.
Les socialistes doivent oublier leurs tabous idéologiques : si la gauche moderne est anti-libérale, elle n’est certainement pas néo-gauchiste. Lionel Jospin avait résumé simplement : “oui à l’économie de marché, non à la société de marché”. Comme quoi on peut s’adapter sans se renier : c’est en regardant le monde tel qu’il est qu’on peut agir pour le progrès social. Le PS doit cesser de fuir les sujets qui le gênent : un thème n’est ni de droite ni de gauche, c’est la façon de le traiter qui est politiquement colorée. L’immigration, la sécurité, l’identité nationale… Les Française(es) attendent des positionnements sur ces questions, pas des fuites en avant ! Même définir la gauche semble une gageure pour ses leaders. Ce n’est pourtant pas si compliqué : être de gauche, c’est vouloir que le temps de la vie consacré à assurer les besoins de la survie soit le plus court possible.
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