25.06.2009

Petit guide de la Corruption politique

9782020986243.jpg Sous le pseudonyme de Brice de Tours, moine débauché du Ve siècle, un acteur discret de la vie politique (qui a participé à son financement pendant plusieurs années) nous livre les ficelles du métier de corrompu. Un encouragement à la fraude ? Nullement ! Plutôt une satyre des arcanes de la vie publique. Car à force de lois sur le financement de la vie publique, nos élus ont réussi à faire accroire que nos écuries d'Augias étaient propres (ou presque). Pourtant, sous le grand manteau de la morale, la politique reste une fille de petite vertu.

Tout continue comme avant. Tout est même pire qu'avant, même, puisque plus personne ne dénonce la corruption politique. Or Brice de Tours en connaît, lui, toutes les recettes. Et il en livre les secrets dans un manuel en forme de fable : Petit guide de la Corruption politique. De quoi faire grincer bien des dents. Car la plume de l'auteur est aussi acide que drôle ! Il n'épargne ni la gauche ni la droite, ni les petits hobereaux de province, ni les grands barons franciliens. Le point commun de tout avatar du venalis politicus : une ambition à toute épreuve. Ainsi qu'une vague dissonance cognitive sur la question éthique...

Pour lire le résumé intégral du bouquin, c'est sur Nonfiction.fr !

30.11.2008

Au nom du 11 septembre

9782707153296.jpg Ayant achevé il y a peu la lecture d'un livre collectif sur les politiques publiques suite aux attentats contre le World Trade Center : "Au nom du 11 septembre", je vous propose d'en lire la critique sur le site Nonfiction.fr. Mais le commentaire n'étant pas à la hauteur de l'ouvrage, je vous conseille vivement de lire le bouquin !

Grâce aux contributions d'une trentaine de spécialistes européens, ce livre propose un ensemble inédit d'informations et d'analyses montrant comment la lutte antiterroriste est devenue centrale dans la géopolitique mondiale et la vie politique des États démocratiques. C'est édifiant.

On y découvre les méthodes qui, au nom de l'efficacité, légitiment les violations des droits humains au risque de saper les fondements du "vivre ensemble". Et comment ces dérives de la démocratie s'accompagnent d'opérations de manipulations et de désinformation destinées à neutraliser les contre-pouvoirs, essentiels pour assurer le respect des valeurs de la démocratie.

24.11.2008

Mon deuxième livre : la signature en politique

582857927.jpg De l’émergence historique d’un signe personnel à l’usage mécanique d’un symbole institutionnel, la signature a connu, en moins de cinq siècles, des évolutions sur le fond comme sur la forme. Marque publique autant que seing privé, quels enjeux lui sont rattachés ?

Dans le champ politique, la signature peut être perçue comme un outil de structuration de l’action publique : elle valide une décision et engage un processus. Cependant, nombreux sont les courriers, voire les contrats, signés sans que le titulaire de la signature n’ait formellement émis son accord, ou sans même qu’il en soit informé, indépendamment des conséquences.

L’utilisation de la signature s’inscrit donc dans les règles du jeu politique, mais elle rend possible l’expression de singularités, avec un enjeu global qui se résume en deux mots : qui décide ?


Sortie le 25 octobre 2008
ISBN : 978-2-9525643-1-1

23.10.2008

Des hommes d'Etat

Devenu député de l'Eure en juin dernier, Bruno Le Maire fut conseiller puis directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, de 2005 à 2007. Durant ces années dans l'ombre du pouvoir, il a soigneusement consigné, au jour le jour, ses réflexions et ses remarques sur son travail d'éminence grise et sur sa vie personnelle...

59c71ae7e5bbacbc85323d42442ea4ae.jpg Des hommes d’État est ainsi un va-et-vient entre des observations sur la "jungle des sentiments confus, parfois sincères, parfois troubles" de la vie politique et des tranches de vie très personnelles sur sa vie familiale. Derrière les ors de la République et le prestige du conseiller du prince, on découvre ainsi des remords au sujet de ses enfants qu’il ne voit pas assez et des week-end annulés en dernière minute. Comme si Bruno Le Maire voulait montrer que derrière l'intérêt de la fonction, la vie publique demande de nombreux sacrifices : "le temps perdu loin de ses enfants ne se retrouve pas : ils grandissent, ils oublient, ils se détachent et nous avec, par la force des choses".

La qualité du témoignage tient en grande partie à la qualité du témoin : par sa fonction et par sa proximité avec Dominique de Villepin, Bruno le Maire était un observateur privilégié de la comédie du pouvoir. Ceci étant, il était aussi un acteur privilégié, et s'il est toujours difficile d'être juge de soi-même, il reconnaît ses erreurs et ses fautes, que ce soit à l'occasion d'un discours très maladroit devant la majorité parlementaire ou lors de l’épisode décisif du dossier CPE.

La toile de fond de ce récit est la relation à trois entre Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy : teintées de respect, de haine, d’admiration et de méfiance, elles sont bien loin du portrait caricatural qu'en ont fait les médias. Mais force est de remarquer que la relation entre le Premier ministre et son ministre d'Etat tourne trop souvent à l’avantage des deux hommes, comme pour les ménager. Car on ne sait jamais de quoi l'avenir est fait.

"On rêve au pouvoir de stratégie et de grandeur, et tant mieux, pourtant la pratique se joue dans le détail, l’infiniment petit, le microscope, le mot juste, le tempo exact, la virgule correctement placée et la cravate de la bonne couleur. Quand on sort pour un instant de la politique, on prend en pleine poitrine le vide, le silence, l’air : on respire, tout est grand."