26.05.2008

Sebta sous la pluie

Sebta est une enclave espagnole sur la côte nord-ouest du Maroc. Avec Tanger et Tetouan, elle est la porte d'entrée de l'Afrique vers l'Europe. En clair : c'est la route du shit.

Les frontières sont poreuses et les passages permanents, avec des contrôles très réduits et un flux de voyageurs impressionnant. Dès lors, il est assez facile d'y faire passer tout et n'importe quoi. Ceci étant, je ne vous le conseille pas. Il serait dommage que la guardia civil décide de s'occuper de votre cas.

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Le trajet entre la frontière et le centre-ville se fait en bus (ligne 7), c'est l'occasion de visiter un peu. Les premiers quartiers qu’on traverse sont visiblement habités par des Marocains : blocs de maisons peintes à la chaux, champs de paraboles sur les toits, lessive sur les terrasses... On se croirait encore à Tetouan.

Arrivé en ville après quelques minutes de trajet, je constate que mon castillan n'est pas trop rouillé mais que je suis loin de m'exprimer avec aisance. D'autant que le débit des Sebtaouis est pour le moins rapide. Mais leur café, lui, est divin.

Mauvaise journée pour une incursion en Espagne : il pleut et tout est fermé. Mais en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on découvre quelques trucs sympas et quelques curiosités, comme une statue de Gandhi. Au milieu des palmiers.


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24.05.2008

Chef Chaouen : beuh sur bleu

Chef Chaouen est un bled paumé au milieu des montagnes. On y remarque trois choses. La grandeur des paysages rocailleux. La beauté des maisons bleues. Les touristes défoncés au chichon.

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Il y a deux économies dans cette ville : le tourisme et le haschich. Donc on y trouve des magasins de souvenirs, des restaurants et des dealers. Les terrasses des bistrots sont clairsemées de bandes de jeunes en sarouels multicolores qui fument des pétards en buvant des thés. Certains touristes restent ici 6 à 8 semaines juste pour ça. Moi, je préfère profiter du paysage et des couleurs de la ville. Chacun sa drogue.


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20.05.2008

Oued Laou : carte postale du Maroc

Oued Laou est un petit patelin assez isolé, à environ 1h de route de Tetouan. Bientôt, l'autoroute passera dans le coin et les touristes afflueront : en un an, le prix du mètre carré est passé de 80€ à 250€. Encore un coin de paradis qui va disparaître.

C'est bien dommage, car on y trouve un café très accueillant, tenu par un taulier casablancais aux yeux bleus, au rire perpétuel et à la convivialité débordante. Je ne suis pas près d'oublier cet homme.

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Village de pêcheurs, Oued Laou propose peu de distractions mais beaucoup de calme et de tranquilité. Et quelques tableaux incongrus, comme les poules et les coqs qui vivent sur la plage et picorent ce qu'ils trouvent sous la coque des bateaux.

Pour l'instant, il fait bon vivre ici. Mais les investisseurs étrangers veillent : ils sont en train de détruire le littoral pour y installer d'immenses complexes immobiliers avec des centaines d'appartements et des centres commerciaux. La colonisation n'est plus menée par les Etats mais par les entreprises, et au lieu de tuer des cultures, on assassine la nature.


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16.05.2008

Transit au Qatar

Le Qatar est un curieux pays avec des hommes en blanc et des femmes en noir. Trois tenues pour ces dernières : celle qui laisse voir un quart du visage, celle qui ne laisse voir que les yeux, celle qui ne laisse rien voir du tout. Quant aux hommes en blanc, armés de fusils mitrailleurs largement visibles, il parait que c'est les services secrets... Drôle de secret !

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Ici, tout est sous climatisation : l'aéroport, les bus, les mosquées, les restaurants, etc. C'est à se demander quelle part du PIB est dépensée juste pour que les habitants ne transpirent pas. Et pour cause : il fait 32° à 6h, 41° à 7h et 48° à midi... Une telle énergie dépensée pour maintenir une ambiance à 21° laisse rêveur sur le développement durable.

Autre particularité du pays : on trouve des BMW et des Mercedes décapotables dans la zone duty-free de l'aéroport. Mais aucune sur les routes ; le bon gros 4x4 blinde large comme un tank semble la norme. Du côté du paysage, je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau que le lever du soleil dans ce pays... Une sorte d'arc-en-ciel immense qui s'étire peu a peu, c'est vraiment magnifique.

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Pour le reste, c'est soit le bidonville des travailleurs étrangers, soit la petite villa en bord de mer près des iles artificielles (c'est joli vu du ciel mais assez étrange dans le principe, puisqu'il n'y a rien dessus). Et pour les plus riches : la grosse baraque fortifiée au milieu du désert, version palais des mille et une nuits, mais qui ressemble à un camp fortifié de rangers américains.

Faute de temps (et d'argent ?), direction le Maroc !

14.05.2008

Dans les ruines d'Angkor

Angkor est un site impressionnant car chaque nouveau roi voulait construire un temple plus grand que celui de son prédecesseur ; une sorte de concours de bites inter-générationnel.

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Le lever de soleil sur Angkor Vat est majestueux. Mais très vite après, le site est envahi par des troupeaux de Coréens dont la vision du tourisme est des plus occidentales : ils arrivent directement à l'aéroport de Siem Reap, logent dans des hôtels flambants neufs et se déplacent dans des bus climatisés. Leurs deux principales activités sont de hurler et d'amortir le prix de leur panoplie Nikon, manifestement très onéreuse.

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Hormis Angkor Vat, qui est le plus connu car le plus immense, le temple le plus impressionnant est Ta Phrom. Ce lieu à l'ambiance féérique est envahi par la jungle : les arbres poussent n'importe où et les racines de l'un d'entre eux recouvre intégralement le toit d'une entrée du temple !

10.05.2008

En route pour Phnom Penh

Depuis Ho-Chi-Minh-City, le trajet pour Phnom Penh se fait en car et dure environ 5h. Le passage à la frontière est des plus pittoresques : le visa coûte 20€ si le voyageur est muni d'une photo de lui à coller sur le formulaire. Ce n'était pas mon cas, et pas de cabine photomaton dans le secteur. Heureusement, un billet de 5$ en plus règle le problème et je franchis la frontière avec un sourire reconnaissant du douanier.

L'arrivée à Phnom Penh est saisissante : les imposantes maisons coloniales sont nombreuses et aucun bâtiment n'a plus de 5 étages. Il fait bien plus frais ici qu'au Vietnam, grâce au Mékong qui traverse la ville et le long duquel on trouve aussi bien des restaurants touristiques que des brochettes grillées sur des tisons à même le sol.

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Les visites du Palais du roi et du musée national se font assez rapidement et le moyen de locomotion local est le touk-touk, une sorte de calèche montée sur moto. Très sympa puisqu'on y monte à plusieurs, y compris avec des bagages, et qu'on y bénéficie de l'air frais.

Profitant de la soirée pour assister à la projection d'un film sur le procès des Khmers rouges, je me rends compte à quel point le sujet est encore tabou. En moins de 4 ans, le régime de Pol Pot provoqua la mort de plus de 2 millions de personnes dans un pays qui ne comptait que 6 millions d'habitants à cette époque. Et alors que le procès se déroule en ce moment, certains responsables comme Khieu Samphan (l'ex- président du Kampuchea démocratique de Pol Pot) prétendent avoir tout ignoré des tueries, de l'évacuation des villes, de la suppression de la monnaie, de la collectivisation accélérée…

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Tous ceux âgés de plus de 40 ans ont connu cette période barbare mais la moitié de la population actuelle est âgée de moins de 25 ans. Et certains jeunes imaginent encore que les récits de leurs aïeux sont des exagérations, voire des fantasmes. De plus, l'espérance de vie (53 ans) ne favorise pas la transmission entre générations.

Trop peu de temps pour visiter plus. Direction Siem Reap, qui sert de point d'accueil pour les touristes souhaitant visiter les temples d'Angkor...

06.05.2008

Visite chez Uncle Ho

De retour à Hanoi, passage dans une auberge de jeunesse tenue par deux Australiens manifestement alcooliques mais fêtards et cinéphiles. Après quelques heures de sommeil et une bonne douche, j’enfourche un moto-taxi pour visiter quelques monuments, dont le Temple de la Littérature, qui rend hommage aux docteurs et professeurs en sciences humaines et en sciences sociales. Doux rêve pour un petit français qui s'intéresse à la recherche universitaire... Finalement, Hanoi est une jolie ville quand on sort des quartiers touristiques.

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Le mausolée de "Uncle Ho" (les Vietnamiens appellent Ho Chi Minh par un surnom américain, allez comprendre...) n'est pas vraiment passionnant mais l'attitude des Vietnamiens qui s'y rendent comme en pèlerinage avec costard-cravate et robes de soirée est éloquente. Par contre, le domaine présidentiel est grand et très beau, comme un conte de Walt Disney : un manoir jaune et rouge, une maison en bois sur pilotis, un garage de voitures d'époque...


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03.05.2008

Sapa : de la moto, de la rando

Accessibles après une nuit de train, les montagnes de Sapa abritent 42 minorités ethniques, elles-mêmes divisées en tribus. Par exemple, l'ethnie H'mong comprend les H'mong de l'eau, les H'mong fleuris, les H'mong noirs, etc. Ce fut l'occasion de louer une moto (qui se conduit sans casque...) pour parcourir les pistes de gadoue a la rencontre de ces peuplades expertes en broderie... et en varappe sur cailloux mouillés !

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Pour profiter pleinement de ce lieu sublime, j'ai dégoté une guide de 16 ans qui m'a emmené 2 jours faire du trekking dans les montagnes et dormir dans son village. La première journée fut rude : 25 kilomètres dans la boue avec des dénivelés impressionnants dont une bonne dizaine dans les rizières, ce qui revient à marcher sur une étroite poutre de boue très humide. Si on glisse du côté de la montagne, on a de la boue jusqu'au genou. Si on tombe du côté de la vallée, on a de la boue jusqu'à la taille...

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Mais le jeu en vaut la chandelle : les paysages d'émeraude sont sublimes.

27.04.2008

Halong sous le soleil

Plaisir rare : j’ai vu la baie d'Halong sous le soleil !

En 2 jours dans ce trou perdu au beau milieu du golfe du Tonkin, j'ai pu faire du kayak pour visiter les grottes, me baigner dans l'eau verte de la baie et assister au lever du soleil depuis le toit du bateau dans lequel j'ai dormi.

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Après quelques brasses et quelques coups de pagaie, j'ai pris un car rempli de Malaisiens pour aller visiter Ninh Binh, que les Vietnamiens appellent "la baie terrestre d'Halong". En fait de terre, il s'agit d'un fleuve et de rizières, mais c'est vraiment très joli. On peut y faire une balade en jonque (une barque au fond plat) dans le fleuve et passer ainsi sous un tas de grottes dont la plus longue mesure 127 mètres !

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J'en ai aussi profité pour visiter quelques temples au milieu des montagnes et des cascades. Rencontrer les habitants ruraux est toujours assez amusant : les femmes regardent l'intérieur de mes avant-bras pour s'émerveiller de la blancheur de ma peau et les petits vieux veulent tous me serrer la main. Le tout sans rien essayer de me vendre. Juste pour la joie d'une rencontre.

21.04.2008

Arrivée au Vietnam

Mon arrivée à Saigon (devenu Ho-Chi-Minh-City) me rappela fortement mes premiers jours à Pékin : les fringues collent à la peau, le bruit de la circulation est oppressant et la population est intense. Puis naît le plaisir de ces gens curieux de rencontrer un Occidental qui essaye tant bien que mal de baragouiner trois mots dans leur langue, même s'il faut toujours batailler pour leur acheter un sac à dos au prix "normal" et non au prix "spécial touriste".

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Un phénomène impressionne : les motos. Non qu'il y en ait beaucoup, mais en fait, VRAIMENT beaucoup. Pour avoir une idée de la chose, il faut savoir qu'il y a 8 millions de personnes à Saigon et 6 millions de motos en circulation ! Du coup, les taxis sont aussi des motos, et certains vivent dessus, c'est à dire qu'ils y mangent et qu'ils y dorment.

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Quant à Hanoi, c'est une ville plus jolie mais les routes sont plus étroites et les trottoirs servent de parkings donc c'est assez difficile de profiter du paysage. Et si les bières ne sont vraiment pas chères, la pollution est probablement plus importante.

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