08.11.2008

Repenser la gauche, sans l'extrême-gauche

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Né en 1984, je suis d’une génération qui n’a pas vécu mai 68 et qui n’a connu du communisme que l’héritage stalinien, le génocide cambodgien et la dictature coréenne. Dès lors, être de gauche n’est pas une évidence. De plus, alors que la droite est toujours différenciée de son extrême dans l’imaginaire collectif et le traitement médiatique, c’est rarement le cas pour la gauche et l’extrême-gauche. D’ailleurs, on trouve toujours les vestiges de la vulgate marxiste côtoyant les préceptes de la doctrine social-libérale dans la macédoine idéologique du PS.

Il y a pourtant deux écueils symétriques à fuir dans la rénovation du Parti Socialiste : la tentation centriste et la tentation gauchiste.

Tout d’abord, parce que l’ouverture appelée par les tenants de la social-démocratie perd tout son sens si c’est pour faire chambre commune avec les valoisiens et les giscardiens. Ensuite, parce que les leaders d’extrême-gauche affichent eux-mêmes leur volonté de ne pas gouverner, alors qu’un parti politique a pour objet la conquête et l’exercice du pouvoir. Certes, l’anarcho-syndicalisme est à l’origine de l’engagement socialiste mais il est temps que les Verts et le PC cessent de faire le pont et la planche entre les socialistes et les trotskistes. Car les forums participatifs de l'élection présidentielle de 2007 ont mis en évidence l’attente populaire : des solutions concrètes aux problèmes concrets. L’utilité intellectuelle des ouvrages de Lénine ou de Marx est évidente mais le PS n’a pas besoin de s’inventer une légitimité philosophique : il a une histoire.

Les socialistes doivent oublier leurs tabous idéologiques : si la gauche moderne est anti-libérale, elle n’est certainement pas néo-gauchiste. Lionel Jospin avait résumé simplement : “oui à l’économie de marché, non à la société de marché”. Comme quoi on peut s’adapter sans se renier : c’est en regardant le monde tel qu’il est qu’on peut agir pour le progrès social. Le PS doit cesser de fuir les sujets qui le gênent : un thème n’est ni de droite ni de gauche, c’est la façon de le traiter qui est politiquement colorée. L’immigration, la sécurité, l’identité nationale… Les Française(es) attendent des positionnements sur ces questions, pas des fuites en avant ! Même définir la gauche semble une gageure pour ses leaders. Ce n’est pourtant pas si compliqué : être de gauche, c’est vouloir que le temps de la vie consacré à assurer les besoins de la survie soit le plus court possible. Pour vivre enfin.

05.11.2008

The fifth of November

Remember, remember
The fifth of November
Gunpowder, treason and plot.
I see no reason
Why gunpowder, treason
Should ever be forgot...




4649404e7e12f7c4e157dc5b5510055d.jpgLe 5 novembre 1605, un groupe de catholiques tente d'organiser un attentat visant à tuer le roi d'Angleterre ainsi que sa famille et une partie de l’aristocratie en faisant exploser le Palais de Westminster à Londres lors de la cérémonie d'ouverture du Parlement : c'est la Conspiration des Poudres. Les conspirateurs reprochent au roi anglican son intolérance à leur égard ainsi qu'envers les puritains. Le complot est cependant éventé par un lord catholique qui avait reçu une lettre anonyme lui enjoignant de ne pas se rendre à la cérémonie. Les caves du Parlement sont alors fouillées par la garde et l’on y trouve Guy Fawkes, qui est arrêté alors qu'il s'apprête à mettre le feu à trente-six barils de poudre. Lui et ses complices sont contraints à la fuite ou pendus ou écartelés sitôt découverts.



Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements.
Les gouvernements devraient avoir peur du peuple.
(Thomas Jefferson)


Je drape la vile nudité de ma scélératesse sous quelques vieux haillons
volés à l'évangile et passe pour saint à l'heure où je fais le diable.
(Richard III - Shakespeare)


Preuve est faite que visages dévots et pieuses actions
nous servent à enrober de sucre le diable lui-même.
(Hamlet - Shakespeare)



ee15acf62f23eb362041f79550033952.jpg"Voilà ! Vois en moi l'image d'un humble vétéran de vaudeville distribué vicieusement dans les rôles de victime et de vilain par les vicissitudes de la vie. Ce visage, plus qu'un vil vernis de vanité, est un vestige de la vox populi aujourd'hui vacante, évanouie. Cependant cette vaillante visite d'une vexation passée se retrouve vivifiée et a fait vœu de vaincre cette vénale et virulente vermine vantant le vice et versant dans la vicieusement violente et vorace violation de la volition. Un seul verdict, la vengeance, une vendetta telle une offrande votive mais pas en vain car sa valeur et sa véracité viendront un jour faire valoir le vigilant et le vertueux. En vérité ce velouté de verbiage vire vraiment au verbeux, alors laisse-moi simplement ajouter que c'est un véritable honneur que de te rencontrer. Appelle-moi V."

03.11.2008

Retour à Saigon

Enfin de retour à Saigon : les fringues collent à la peau, le bruit de la circulation est oppressant et la population est intense. Puis naît le plaisir de ces gens curieux de rencontrer un Occidental qui essaye tant bien que mal de baragouiner trois mots dans leur langue, même s'il faut toujours batailler pour leur acheter un sac à dos au prix "normal" et non au prix "spécial touriste".

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Même si ce n'est pas la première fois, un phénomène impressionne toujours : les motos. Non qu'il y en ait beaucoup, mais en fait, VRAIMENT beaucoup. Pour avoir une idée de la chose, il faut savoir qu'il y a 8 millions de personnes à Saigon et 4 millions de motos en circulation ! Du coup, les taxis sont aussi des motos, et certains vivent dessus, c'est à dire qu'ils y mangent et qu'ils y dorment.

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Quant à Hanoi, dont on me parle souvent, c'est une ville plus jolie mais les routes sont plus étroites et les trottoirs servent de parkings donc c'est assez difficile de profiter du paysage. Et si les bières ne sont vraiment pas chères, la pollution est probablement plus importante. Mais j'aurais sans doute l'occasion d'y revenir.

01.11.2008

Transit au Qatar

Le Qatar est un curieux pays avec des hommes en blanc et des femmes en noir. Trois tenues pour ces dernières : celle qui laisse voir un quart du visage, celle qui ne laisse voir que les yeux, celle qui ne laisse rien voir du tout. Quant aux hommes en blanc, armés de fusils mitrailleurs largement visibles, il parait que c'est les services secrets... Drôle de secret !

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Ici, tout est sous climatisation : l'aéroport, les bus, les mosquées, les restaurants, etc. C'est à se demander quelle part du PIB est dépensée juste pour que les habitants ne transpirent pas. Et pour cause : il fait 32° à 6h, 41° à 7h et 48° à midi... Une telle énergie dépensée pour maintenir une ambiance à 21° laisse rêveur sur le développement durable.

Autre particularité du pays : on trouve des BMW et des Mercedes décapotables dans la zone duty-free de l'aéroport. Mais aucune sur les routes ; le bon gros 4x4 blinde large comme un tank semble la norme. Du côté du paysage, je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau que le lever du soleil dans ce pays... Une sorte d'arc-en-ciel immense qui s'étire peu a peu, c'est vraiment magnifique.

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Pour le reste, c'est soit le bidonville des travailleurs étrangers, soit la petite villa en bord de mer près des iles artificielles (c'est joli vu du ciel mais assez étrange dans le principe, puisqu'il n'y a rien dessus). Et pour les plus riches : la grosse baraque fortifiée au milieu du désert, version palais des mille et une nuits, mais qui ressemble à un camp fortifié de rangers américains.

Faute de temps (et d'argent ?), direction l'Asie !

30.10.2008

Chef Chaouen : beuh sur bleu

Chef Chaouen est un bled paumé au milieu des montagnes. On y remarque trois choses. La grandeur des paysages rocailleux. La beauté des maisons bleues. Les touristes défoncés au chichon.

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Il y a deux économies dans cette ville : le tourisme et le haschich. Donc on y trouve des magasins de souvenirs, des restaurants et des dealers. Les terrasses des bistrots sont clairsemées de bandes de jeunes en sarouels multicolores qui fument des pétards en buvant des thés. Certains touristes restent ici 6 à 8 semaines juste pour ça. Moi, je préfère profiter du paysage et des couleurs de la ville. Chacun sa drogue.


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27.10.2008

Sebta sous la pluie

Sebta est une enclave espagnole sur la côte nord-ouest du Maroc. Avec Tanger et Tetouan, elle est la porte d'entrée de l'Afrique vers l'Europe. En clair : c'est la route du shit.

Les frontières sont poreuses et les passages permanents, avec des contrôles très réduits et un flux de voyageurs impressionnant. Dès lors, il est assez facile d'y faire passer tout et n'importe quoi. Ceci étant, je ne vous le conseille pas. Il serait dommage que la guardia civil décide de s'occuper de votre cas.

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Le trajet entre la frontière et le centre-ville se fait en bus (ligne 7), c'est l'occasion de visiter un peu. Les premiers quartiers qu’on traverse sont visiblement habités par des Marocains : blocs de maisons peintes à la chaux, champs de paraboles sur les toits, lessive sur les terrasses... On se croirait encore à Tetouan.

Arrivé en ville après quelques minutes de trajet, je constate que mon castillan n'est pas trop rouillé mais que je suis loin de m'exprimer avec aisance. D'autant que le débit des Sebtaouis est pour le moins rapide. Mais leur café, lui, est divin.

Mauvaise journée pour une incursion en Espagne : il pleut et tout est fermé. Mais en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on découvre quelques trucs sympas et quelques curiosités, comme une statue de Gandhi. Au milieu des palmiers.


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25.10.2008

Oued Laou : carte postale du Maroc

Oued Laou est un petit patelin assez isolé, à environ 1h de route de Tetouan. Bientôt, l'autoroute passera dans le coin et les touristes afflueront : en un an, le prix du mètre carré est passé de 80€ à 250€. Encore un coin de paradis qui va disparaître...

C'est bien dommage, car on y trouve un café très accueillant, tenu par un taulier casablancais aux yeux bleus, au rire perpétuel et à la convivialité débordante. Je ne suis pas près d'oublier cet homme.

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Village de pêcheurs, Oued Laou propose peu de distractions mais beaucoup de calme et de tranquilité. Et quelques tableaux incongrus, comme les poules et les coqs qui vivent sur la plage et picorent ce qu'ils trouvent sous la coque des bateaux.

Pour l'instant, il fait bon vivre ici. Mais les investisseurs étrangers veillent : ils sont en train de détruire le littoral pour y installer d'immenses complexes immobiliers avec des centaines d'appartements et des centres commerciaux. La colonisation n'est plus menée par les Etats mais par les entreprises, et au lieu de tuer des cultures, on assassine la nature.


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